Conférenciers d’honneur

Grand rassemblement du REFAD / Printemps 2021

Didier Paquelin, professeur titulaire de la Chaire de Leadership en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université Laval (Québec) conduit depuis une trentaine d’années des études et des recherches sur la transformation des pratiques d’enseignement et d’apprentissage en contexte numérique.

Ses travaux portent sur l’analyse de la complexité des processus d’appropriation des dispositifs numériques pour la formation et l’apprentissage, dans les contextes formels et non formels. Ses recherches abordent l’évolution des pratiques en analysant les interactions entre les paradigmes pédagogiques, les dispositifs numériques et les espaces d’apprentissage formels, non formels et informels développant la notion d’écosystème pédagogique. Il a réalisé plusieurs études à visée holistique sur l’évolution des attentes et des pratiques de formation et d’apprentissage des étudiants dans l’enseignement supérieur. Ses recherches longitudinales réalisées au plan national et international portent sur les impacts des politiques publiques de l’enseignement supérieur sur la transformation des pratiques pédagogiques.

Expert durant 6 ans auprès du ministère français de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation sur les questions de pédagogie et numérique. Il a contribué à l’organisation de nombreux colloques nationaux et internationaux portant sur l’enseignement supérieur à l’ère numérique et est fortement engagé dans plusieurs actions de collaboration franco-québécoise.

Pour en savoir plus http://www.fse.ulaval.ca/cv/Didier.Paquelin/

D’une continuité réactive à une transformation proactive : quels enseignements pandémiques?

Qui aurait pu imaginer que nous serions, plus de 12 mois après la déclaration par l’OMS de l’état de pandémie, dans un contexte toujours marqué par l’incertitude ? Certes il y a et il aura un avant et un après mars 2020, date qui marque cet événement mondial : la réduction spatiale, le confinement, la privation d’espaces de liberté, la modification des repères et pratiques sociales. Si les premières réactions des établissements d’enseignement et des acteurs éducatifs ont été d’assurer une continuité pédagogique, l’heure est venue de se questionner sur la réalité des transformations et leur durabilité.

Cette période inachevée a permis de découvrir à la fois les apports et les limites de la rupture de l’unité de temps et de lieu dans un contexte de formation. Là où l’ancrage des activités est majoritairement marqué par une co-présence physique, les règles sanitaires ont imposé une distanciation sociale. Cette période fut, quoique douloureuse et pénible, riche de découvertes et d’enseignements tant pour les professeurs que pour les apprenants. Que nous apprend-elle sur les pratiques d’enseignement et d’apprentissage ? Nous proposons d’apporter des éléments de réponse dans une perspective de ré-investissement à moyen terme d’une redéfinition de la forme universitaire. Parmi les dimensions abordées nous reviendrons sur la nécessité de réviser la notion d’alignement pédagogique pour considérer l’ancrage spatial des activités, de prendre en compte des composantes spécifiques de la réussite académique que sont le sentiment d’appartenance et de socialisation. In fine nous reviendrons sur quelques principes d’un design pédagogique inclusif entre présences et distances conduisant à repenser la notion d’hybridation et en discutant la notion d’environnement d’apprentissage capacitant. Ainsi la formation à distance ne serait plus une modalité complémentaire à la formation « campus », mais bien une composante d’une même modalité fondée sur un métissage de pratiques qui redonne du sens à la présence qu’elle soit sur campus ou à distance, ré-interrogeant la question de la proximité.

Serge Allary est responsable d’un projet visant à augmenter l’utilisation, le partage, l’adaptation et la production de ressources éducatives libres. Ce projet conjoint de l’Université de Sherbrooke, de l’Université de Montréal et de l’Université Laval intitulé fabrique REL s’inscrit dans le cadre d’un mandat octroyé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur.

Serge Allary a été chef d’entreprise, consultant, membre de la direction de la Faculté d’administration, directeur du programme MBA, directeur général de la Fondation de recherche en administration, directeur général du Service de soutien à la formation (appui pédagogique et formation à distance), directeur du Centre universitaire de formation continue et directeur général de l’Agence des relations internationales de l’Université de Sherbrooke. Aujourd’hui, il est vice-recteur adjoint aux études, toujours à l’Université de Sherbrooke.

Serge Allary a été également membre du conseil d’administration de plusieurs organismes liés à la formation et membre de la Commission de l’éducation aux adultes et de la formation continue du Conseil supérieur de l’éducation du Québec (CSE).

Serge Allary est titulaire d’une maitrise en administration des affaires et d’une formation de 3e cycle en pédagogie universitaire.

Les REL, obstacles et motivations; la fabriqueREL, le pourquoi, le quoi, le comment et les premiers résultats.

Selon l’UNESCO (2002) : « Les ressources éducatives libres (REL) désignent « des matériels d’enseignement, d’apprentissage et de recherche sur tout support, numérique ou autre, existant dans le domaine public ou publiés sous une licence ouverte permettant l’accès, l’utilisation, l’adaptation et la redistribution gratuits par d’autres, sans restrictions ou avec des restrictions limitées. Les licences ouvertes sont fondées dans le cadre existant du droit à la propriété intellectuelle, comme défini par les conventions internationales concernées, et respectent la paternité de l’œuvre. »

De telles ressources d’enseignement gratuites disponibles en ligne se multiplient depuis un moment déjà, mais toujours selon l’UNESCO (2016) « le problème fondamental est que les REL, après 10 ans de plaidoyer dans le monde entier, restent à intégrer plus pleinement dans les politiques et les pratiques éducatives ».

En effet, de nombreux freins (difficulté à trouver la bonne ressource, qualité inégale, inquiétudes quant à la propriété intellectuelle, etc.) peuvent expliquer l’adoption très lente de ce patrimoine et encore plus lente dans le monde francophone.

Lors de ce webinaire, nous reviendrons dans un premier temps sur l’éducation ouverte, la nature des REL, présenterons les principaux obstacles rencontrés pour leur adoption et émettrons quelques recommandations pour les atténuer.

Dans un second temps, nous exposerons le projet de la fabriqueREL qui se veut une réponse partielle à la faible adoption des REL, présenterons les premiers résultats et partagerons la vision d’un élargissement du concept de la fabriqueREL à l’espace francophone des Amériques.